La prévention change des vies

Il y a des moments qui nous bouleversent et nous rappellent pourquoi nous faisons ce travail. Cela m’est arrivé le matin des portes ouvertes au voisinage de notre nouvelle résidence d’hébergement transitoire sur la rue Saint-Hubert.
« C’est une miséricorde! » Ce sont les mots prononcés par une femme qui attendait déjà devant la porte le matin même, dès l’ouverture. Elle m’a dit être profondément reconnaissante d’avoir enfin identifié un endroit où elle aurait la possibilité de déposer ses sacs et de reprendre son souffle. Elle ne cherchait pas seulement un toit, mais une occasion de retrouver sa stabilité, sa dignité et un peu de sérénité.
Cette dame est la preuve vivante que personne n’est à l’abri d’une situation de précarité. Comme son statut migratoire ne lui permettait pas d’accéder au Programme de supplément au loyer (PSL), elle n’aurait normalement pas pu être hébergée dans notre nouvelle résidence. Heureusement, grâce au soutien de nos donateurs, nous avions réservé neuf chambres non assujetties au programme et nous avons ainsi pu lui ouvrir la porte. Je me souviens encore de l’émotion que j’ai ressentie en l’accueillant. C’est dans ces instants que l’on mesure l’importance de notre mission et l’impact concret que Chez Doris peut avoir dans la vie d’une femme, grâce à vos dons.
Quelques mois plus tard, les premiers résultats de la résidence d’hébergement transitoire confirment ce que nous espérions. Des femmes y trouvent le soutien nécessaire pour reprendre pied, à leur rythme. Certaines ont déjà atteint les objectifs qu’elles s’étaient fixés et poursuivent maintenant leur parcours de façon autonome. L’une d’elles a même retrouvé la garde de ses enfants et trouvé un logement où elle pourra reconstruire sa vie de famille.
Ces réussites nous rappellent une chose essentielle :
« Intervenir avant que la situation ne s’aggrave change réellement les choses. »
Chez Doris accompagne les femmes à diverses étapes de leur parcours, de l’accueil de jour à l’hébergement permanent. Avec la nouvelle résidence transitoire sur la rue Saint-Hubert, nous avons ajouté un maillon important à ce continuum de services. Nous pouvons maintenant accueillir des femmes qui ont besoin d’un milieu sécuritaire pour quelques mois, le temps de finaliser un processus administratif, de trouver un logement, de stabiliser leur situation ou simplement de reprendre leur souffle.
Et les besoins sont bien réels. Au cours de l’été, nos équipes ont vu arriver de nouveaux visages. Plusieurs femmes nous ont raconté leurs démarches infructueuses pour trouver un logement abordable et sécuritaire. D’autres craignaient une éviction ou tentaient de préserver le peu de stabilité qui leur restait. Cette réalité nous rappelle chaque jour l’importance d’agir en prévention.
C’est aussi ce qui nourrit mon engagement. Je multiplie les représentations auprès des autorités gouvernementales, des partenaires institutionnels et des décideurs afin d’assurer la pérennité de nos services et de développer de nouvelles solutions pour les femmes. Les besoins augmentent, les réalités se complexifient, et nous avons la responsabilité collective de nous assurer que les ressources suivent.
Je suis également fière de voir les organismes du milieu unir davantage leurs voix. Plus que jamais, nous travaillons ensemble pour faire reconnaître la réalité particulière de l’itinérance au féminin et rappeler qu’investir dans les organismes communautaires n’est pas une dépense, mais une façon concrète d’éviter des situations de crise et d’offrir de réelles perspectives.
« Lorsqu’une femme conserve son logement et évite ainsi la rue ou lorsqu’elle retrouve son autonomie, c’est toute une trajectoire de vie qui peut être transformée. Souvent, c’est aussi l’avenir de sa famille qui s’en trouve changé. »
Tout cela est possible grâce à vous. Je tiens à vous remercier sincèrement pour votre confiance, votre soutien et votre générosité.
Maintenant, nous redoublons d’efforts pour ouvrir dès que possible, en 2028, la résidence Fulford afin d’offrir cette même possibilité à un plus grand nombre de femmes. Parce qu’aucune femme ne devrait avoir à affronter seule une période aussi déterminante de sa vie.
Diane Pilote
Directrice générale, Chez Doris